En Amazonie: infiltré dans le « meilleur des mondes »

Jean-Baptiste Malet raconte : « Je me demandais ce qui se passait avec les libraires indépendants qui disparaissent petit à petit. J’ai voulu enquêter de manière classique sur Amazon. Mais j’ai vite constaté que les employés refusaient de parler à un journaliste […] Alors, ça s’est imposé à moi, je me suis infiltré. » C’est ainsi que pour la première fois en France, un journaliste décide d’infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Profitant de la proximité des fêtes de Noël 2012, période propice à l’embauche de milliers d’intérimaires, il intègre l’équipe de nuit. Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l’autre côté de l’écran, une fois la commande validée : « En choisissant d’acheter ses livres chez Amazon, le lecteur fait le choix, conscient ou inconscient, de tirer un trait sur le rôle précieux que joue la librairie comme lieu de convivialité, de partage, de découverte, de mixité et de rencontre. Mais aussi sur les emplois de libraires qualifiés que génère cette activité commerciale de proximité. » « Work hard / Have fun / Make history » est la devise d’Amazon. « C’est assez effrayant, et c’est très idéologique. Il y a ce double discours qui est que non seulement c’est dur mais que en plus on s’éclate, on s’amuse. Amazon organise minutieusement une convivialité artificielle », explique Jean-Baptiste Malet. D’après Jade Aimetti.

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