Archives par mot-clé : Agile France

Agile France 2012 – Large Scale Scrum

Je suis allé voir Damien Thouvenin qui animait la session Large Scale Scrum : assurez la polycompétence dans vos équipes. Damien nous a fait un retour d’expérience sur une mission assurée par CLT-Services (dont il est co-fondateur) et Valtech. Pour des raisons de confidentialité, Damien a utilisé la métaphore d’un projet de construction d’une fusée lunaire… c’était très créatif ! On parle ici de Scrum à grande échelle avec 1000 personnes sur 3 continents, des centaines d’équipes Scrum, des Area Product Owners, des Supporting Product Owners au plus près des équipes, une hiérarchisation des exigences en epics, features et product backlog items, … c’est du lourd et ça m’a fait penser aux Equipes Features de Craig Larman et Bas Vodde. Damien nous a expliqué comment ils avaient géré la motivation des équipiers en passant par une série d’entretiens individuels pour lever les résistances liées au passage à Scrum, notamment l’inquiétude du spécialiste qui a l’impression de se diluer dans l’équipe alors qu’il participe à la transmission et à la sécurisation des savoirs, ou même de l’équipier à qui on demande d’être polycompétent et qui craint qu’on ne lui donne pas le temps de le devenir alors que l’on cherche simplement à faire un premier pas pour qu’il soit meilleur qu’hier et augmenter la capacité de recouvrement et de débordement des experts, … moralité, il faut sortir de la zone de confort pour qu’il y ait de la magie,  donner aux gens le droit de dire non permet de construire la confiance, remettre un sens plus large à la transversalité des compétences à travers les équipes pour obtenir de la complémentarité, adopter un esprit d’équipe global car on fait un seul produit !

Agile France 2012 – Le manager agile, hors de la zone de confort

Je suis allé voir Gabriel Le Van (@galif) qui animait la session Le manager agile – Hors de la zone de confort. Après une rapide définition du terme manager en tant que garant du bon usage des ressources qu’on lui met à disposition pour atteindre une mission, et qui comprend donc beaucoup de pilotage des hommes, Gabriel est bien rentré dans la thématique des deux journées (se foutre des baffes) en encourageant tous les managers à sortir de leur zone de confort 🙂 Ça veut dire : accepter la complexité, accepter les erreurs (les siennes et celles des autres, une erreur n’est pas une faute), rechercher les motivations intrinsèques (autres que le duo carrière/salaire, ce n’est pas ce qui motive les gens), former des leaders (donc laisser la place), donner le contrôle « réel » (le manager n’est pas le meilleur qui intervient sur tout), piloter le système (aligner les objectifs, protéger les équipes, changer de direction car le monde change), gérer le changement (élever les compétences, donner (presque) toute l’info), apprendre la patience (les efforts du changement ne sont pas toujours immédiatement perceptibles). Gabriel a terminé avec deux messages forts : 1°montrer l’Agilité aux managers (qui sont demandeurs)… sinon on crée une secte ou du frein, 2°croire à l’Agilité… parce qu’il n’y a pas de démonstration scientifique. 

Agile France 2012 – Devenir PO, c’est changer de paradigme

Je vous avais déjà parlé de Dorothée Le Seac’h (@doleseach), qui nous avait emmené sur une super Route de Briques Jaunes lors de l’Agile Games France à Nantes. Je suis allé voir sa session Devenir Product Owner, c’est changer de paradigme. Dorothée a recensé les différentes missions du PO en insistant bien sur certains points : changer d’outils et de pratiques nécessite une formation initiale ; prendre conscience de ce qu’est la valeur métier ; essayer d’accueillir positivement le changement c’est se donner une chance d’arriver au bon produit ; apprendre à travailler en équipe ne s’apprend pas (encore) à l’école ; s’appuyer sur les qualités différentes des gens ; prendre de nouvelles habitudes nous détache progressivement de nos vieux paradigmes ; ne pas hésiter à inventer un vocabulaire qui convienne aux utilisateurs finaux ; pour réussir un projet agile, il faut un bon PO ! Tout ça pour vous dire que Dorothée chuchote à l’oreille des PO et que vous pouvez la suivre sur son blog Agile & Po 🙂

Agile France 2012 – Des mots, des maux, démos

Le 11 avril, j’étais à Kyôto en pleine floraison des cerisiers, et j’ai reçu le mail d’enquête en ligne de  Emilie Franchomme (@efranchomme) et Caroline Damour-Nobi (@carolilo01)  : « recueillir des faits et du ressenti quant à vos démos ». J’ai trouvé ça fun de vouloir faire une rétrospective de la démo 🙂 Du coup, avec un tel buzz, c’est tout naturellement que je suis allé voir leur session Des mots, des maux, démo. Je crois que le message principal était qu’on a tendance à sous-estimer la revue de sprint, qui est bien plus que la démo : savoir donner et recevoir le feedback, profiter de ce moment d’alignement de l’équipe autour du produit pour se réajuster et recomprendre le produit, profiter des user stories qui sont un matériel parfait (histoires/personas) pour raconter le sprint, … finalement, le produit est une invitation à la conversation lui aussi. La démo n’est pas le gaspillage de temps qui peut être ressenti par une équipe qui a du mal à gérer la fin du sprint… comment ça, il est pas beau mon produit ?

Visualisez d’autres présentations de Emilie Franchomme.

Agile France 2012 – Des outils de coaching

Je suis allé voir les 118 218 du coaching d’équipe, Jean-François Hélie (twittos ?) et Guillaume Duquesnay (@duquesnay). 118 218, juste pour dire qu’il y a beaucoup de complicité entre ces deux gaillards… j’aurai pu dire Elie et Dieudonné à la place de Hélie et Duquesnay 🙂 Ils ont animé avec beaucoup de dynamisme leur session Des outils de coaching pour améliorer la dynamique de votre équipe. Jean-François et Guillaume nous ont donc montré une partie des outils qu’ils utilisaient dans leur coaching (reflet systémique, intervision/supervision, rôles délégués, débriefing systématique, résolution par investigation, story map, consensus workshop, planning d’actions, sociomap, …) en nous donnant des tas d’exemples tirés de leurs expériences communes. J’ai vraiment apprécié les messages subliminaux, que j’ai cueilli comme des gouttes de rosée : « ça n’a pas d’évidence que le coach agile ait des bases de coaching », « 50% du temps est passé à savoir où et comment agir », « donner de l’autonomie aux équipes, c’est leur donner des options », « le coach aussi a la tête dans le guidon, il doit connaître ses limites et prendre du recul sur sa pratique », « le non-dit, c’est ce qui pourrit l’équipe, comme une plante mal arrosée qu’on ignore », « certains mettent du temps à trouver que la porte de la cage est en fait ouverte », « normalement on balaye un escalier par le haut, c’est-à-dire la Direction », … voilà, 1 heure c’était trop court.

Agile France 2012 – Portfolio Agile

Le sujet Gestion de Portefeuille Agile me tient à coeur, j’en ai parlé lors de l’Agile Tour Rennes, l’Agile Tour Rouen et l’Agile Grenoble 2011. Une fois de plus, je peux dire que c’est Claude Aubry qui m’a mis le pied à l’étrier, donc merci Claude. La gestion de portefeuille n’est pas une nouvelle pratique, l’organisation a toujours souhaité « aligner » ses projets d’un point de vue stratégique et budgétaire, mais on peut dire que l’Agilité est venu lui redonner ses lettres de noblesse : travailler sur son portefeuille, se donner une vision stratégique, construire une roadmap de transformation de son SI, alimenter ses équipes agiles, générer de la valeur métier, finir ses projets (si si, j’insiste), mesurer l’amélioration du retour sur investissement, … c’est une chose de s’y intéresser (cf. wiki) et de l’expérimenter lorsqu’on est consultant, c’en est une autre de le vivre au quotidien, en tant que membre d’une organisation dans laquelle il faut déployer des trésors d’ingéniosité sur le terrain et faire preuve en permanence d’une énergie incroyable pour donner de la visibilité (transparence) et s’améliorer (inspect & adapt). C’est donc pour cela que je suis allé écouter Caroline puis Julien.
Caroline Damour-Nobi (@Carolilo01) est à la tête d’une équipe de Product Owners chez Vidal. Elle a animé la session Portfolio agile : de la visibilité au pilotage. Caroline, c’est la tête dans les nuages, les pieds dans la poussière… autrement dit, une grande ambition pour la réussite de son entreprise et un combat quotidien et pragmatique, tout ne se fera pas en un jour 🙂 Caroline nous a présenté le parcours de son entreprise : premier projet agile en 2006, création de l’équipe PO en 2008 et missions MOA Agile et Portfolio en 2011 ; à savoir cartographier, être agile avec les métiers et prendre des décisions ensemble avec une vision d’ensemble. Choisir les bons projets c’est choisir les projets que l’on ne fera pas. Savoir décider tout en restant économique et rapide. Le tout avec un effort visuel qui m’a rappelé le jeu The Big Payoff d’Alexandre Boutin à Agile Games France. C’est super intéressant, bravo Caroline ! 

Visualisez d’autres présentations de Caroline Damour-Nobi.

Julien Rayneau (@julienrayneau) est Directeur des développements chez Figaro Classifieds. Il a animé la session Retour d’expérience Portfolio. Son slogan est de ne pas uniquement se préoccuper de « faire les choses bien » mais aussi de « faire les bonnes choses ». Je crois que le message est clair, on est en plein coeur de l’agilité : se poser la question obsessionnelle de savoir pourquoi on décide de commencer un projet plutôt qu’un autre et de maximiser la valeur métier au plus haut niveau de l’organisation. Comme il le dit si bien avec humour : « J’ai décidé de mettre au travail ma Direction Métier », « On est mauvais et lent… il faut bien choisir les projets ». Sa présentation était très axée « from idea to cash » en partant du document de cadrage de l’idée (avant-projet) jusqu’à l’analyse du ROI (après mise en production)… tout ça avec simplicité et humilité. J’ai envie de le revoir dans 6 mois pour connaître le prochain épisode 🙂   

Agile France 2012 – La phase exploratoire

Je suis allé voir Aurélien Morvant (@aurelienmorvant), coach agile chez IT&L@bs (OBS), qui animait la session ‘La phase exploratoire, élément facilitateur dans la réussite d’un projet Agile’. Aurélien a bien mis en avant l’adage  « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », autrement dit, inutile de se ruer dans les premières itérations de production si rien n’est prêt… il faut poser un minimum les choses. Tout y est passé, l’organisation, l’équipe, le périmètre fonctionnel, le domaine technique et le planning de livraison, avec de nombreux conseils pour mener cette phase qu’on peut appeler itération ou sprint zéro. 

Et évidemment les questions qui nous taraudent ont émergé : comment dimensionner, donc budgéter cette phase ? est-ce que l’équipe de développement fait déjà partie de cette phase ? peut-on mener cette phase sous la forme d’un mini-projet agile ?
Aurélien a mis à disposition le support de sa présentation sous dropbox :

Agile France 2012 – Le Combat des chefs

La première journée de la conférence Agile France 2012 a débuté avec la keynote de Laurent Bossavit (@morendil) et Alexandre Boutin (@agilex), ou devrais-je dire Testotomatix et Bougetépostix, irréductibles gaulois dont le petit mais vaillant village résiste à des forces menaçantes : Cycleenvéum, Cascadum, Controlcalitum, Itilum, … Laurent et Alex ont illustré avec beaucoup d’humour les débats/discussions qui ont cours sur l’agilité entre agilistes, à savoir que l’on retombe assez vite dans des guéguerres internes où resurgit parfois un dogmatisme paradoxal : Farpaitement, machin a raison ! Mais ça ne nous empêche pas de finalement nous retrouver et festoyer ensemble. La morale de l’histoire : il faut rester critique, surtout dans un domaine qui est tout sauf stable, qui change encore, l’agilité est en constante évolution, c’est certifié 🙂 C’est fin, ça se mange sans faim.

Personnellement, c’est lorsque je suis avec enthousiasme ces petites passes d’armes sur twitter (notamment), que j’en apprends le plus, car les idées fondamentales ressortent à coup de massue de 140 caractères 🙂

Au fait, Alex a publié le texte intégral de la keynote : cliquez ici

Agile France 2012 – Scrum aux frontières de la psychologie sociale

J’ai choisi de (bien) finir ma deuxième journée avec Thierry Montulé (@siamha), qui a profité du temps exceptionnel pour animer sa session à l’ombre des arbres du parc. J’avais rencontré Thierry en mai, lors de l’Agile Games à Nantes, et j’avais trouvé intéressant sa prise de recul par rapport aux processus agiles. Je n’ai pas été déçu. Thierry nous a fait une analyse de Scrum par rapport à la notion d’Engagement. Son objectif était clairement d’entrer en collision avec les représentations mentales de chacun des participants, à savoir que le voilier agile semble très séduisant avec ses voiles et ses drapeaux parés de belles valeurs… mais quelles sont les forces sous-jacentes réellement à l’oeuvre ? 
La fin de la journée et le paysage environnant aurait probablement dû nous inviter à laisser flotter nos esprits, mais Thierry a instauré une forte interactivité avec le groupe et nous a (dé-)montré comment Scrum réussissait très bien à constamment aligner – de façon  subconsciente – les équipiers sur un objectif. Thierry nous a progressivement amené à prendre conscience des « technologies comportementales périphériques » en jeu (champ de la psychologie sociale) et à identifier les différents facteurs individuels qui créent de l’engagement… autrement dit, Scrum fabrique de l’engagement… pour évoquer deux points qui m’ont fait frissonner : 
  • Etre engagé par un processus, c’est s’engager à faire. Mais être engagé, ce n’est pas s’engager, sous-entendu avec son libre-arbitre. 
  • L’engagement repose sur la liberté. Ne surestimez pas votre liberté en entreprise.

… et de finir sur cette invitation à prendre position sur le sujet : prenez bien conscience des outils que vous allez utiliser avant d’envisager de naviguer sur le voilier agile et d’injecter un changement humain au sein d’une organisation.
Ça m’a rappelé la question obsédante d’une autre Thierry : quelle est l’intention du coach ? 

Agile France 2012 – Sweet Rupture

Je suis allé voir Laurent Sarrazin (@bangalaurent) et Sylvaine Pascual (@sylvainepascual) pour la saison 3 de Sweet Rupture.

Tel Ulysse, Laurent nous dévoile ses aventures successives, les obstacles qu’il franchit dans un parcours initiatique qui va bien au-delà de l’agilité. Ce qu’il a la possibilité de mettre en oeuvre au sein du centre agile de sa société (service informatique ITEC de la banque d’investissement SGCIB de la Société Générale) est tout bonnement incroyable. J’ai évoqué l’Odyssée d’Homère, mais ce serait plutôt l’Odyssée de l’Espace : j’ai l’impression de voir soudain apparaître le célèbre monolithe noir dans mon maigre pré agile. C’est tellement dense qu’il y a un côté insondable… qui appelle au minimum à la curiosité. C’est tellement innovant qu’il y a un côté inspirateur… qui appelle au voyage : modèle de croissance G.R.O.W. de Sir John Whitmore, Leadership tribal de Dave Logan, Safaris d’équipes de Jean-Claude Grosjean, … c’est passionnant, il va me falloir du temps pour tout explorer… le temps du voyage.

Ce voyage nous ramène à Ithaque avec Sylvaine, qui coache les odyssées professionnelles, et qui nous invite à faire le plein de vitamines mentales, ces particules de plaisir… pour nous (re)motiver, en faisant appel à notre capacité d’émerveillement.
Vivement la saison 4 ! sans doute à Agile Grenoble, le jeudi 8 novembre :o)

Visualisez d’autres présentations de Laurent Sarrazin.