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Gilles, raconte-moi une histoire

Fabrice : ça va Gilles, la forme ?

Gilles : ça dépend…

Fabrice : qu’est-ce qui se passe ?

Gilles : aujourd’hui, j’ai vu un client qui m’a décrit le produit qu’il souhaitait réaliser : il m’a donné son cahier « décharge », le périmètre fonctionnel de la V1 et de la V2… et il m’a fait une démo de la maquette excel des écrans majeurs de l’application.

Fabrice : ah tiens, c’est le client qui t’a fait une démo ; et alors ?

Gilles : lorsque je lui ai demandé de se téléporter dans le futur, au moment où la V1 est déployée en production, et de me décrire les critères de réussite du projet, il m’a répondu de but en blanc : « le produit fonctionne exactement comme on vient de vous le montrer ».

Fabrice : ah, et ça t’embête que le besoin soit figé ?

Gilles : non seulement ça, mais en plus il reste peu de marge de manœuvre à l’équipe pour faire preuve de créativité ! en gros, on va développer la solution de la solution, et avec un peu de chance on ne sera pas trop loin du besoin original…

Fabrice : ouh là là, t’es grognon ! lorsque les utilisateurs finaux verront un premier incrément du produit, de nouveaux besoins émergeront…

Gilles : non, il y a trois mois, le client a déployé en production, sur un échantillon représentatif de sites, sa version excel du produit avec plein de macros… les utilisateurs sont satisfaits… c’est un réel plus pour eux qui géraient tout à la main ! ils attendent simplement une version plus « sympa », plus « industrielle »…

Fabrice : bon ben à part l’émergence de nouveaux besoins, il y a peut-être un délai rapide de mise à disposition (time to market) de cette version du produit, qui exigerait une démarche de priorisation et de collaboration étroite ?

Gilles : non, le client n’a pas de contraintes de ce côté là… et puis de toute façon, il vit à deux cent kilomètres, donc il faudra prendre rendez-vous pour se voir…

Fabrice : si le projet est long, il y a une grande probabilité que certains besoins deviennent obsolètes, ou même que des changements inattendus surviennent… réglementaires par exemple, non ?

Gilles : non, il s’agit d’un petit projet de quatre mois au plus.

Fabrice : qu’est-ce-que t’as fait alors ?

Gilles : lorsqu’il m’a demandé si on comptait faire le projet en scroum, je lui ai dit que ce n’était pas la peine de partir sur du skreum… on va pas se forcer à faire de l’Agilité : un mode itératif basé sur les cas d’utilisation identifiés suffira pour briser l’effet tunnel et vérifier que le fournisseur a bien compris ce qu’il devait faire… en gros on va corriger nos bogues !
Fabrice : et qu’est ce qu’il a répondu ?
Gilles : il a répondu « ok, parfait, transmettez-moi le devis ».
Et vous, à la place de Gilles, vous auriez fait quoi ?

Serial traducteur

J’ai fait ma première traduction en avril 2009. A l’époque, c’était simplement pour me préparer à une formation Scrum avec Jeff Sutherland, donc 2 journées en anglais américain. Très vite, j’ai eu l’impression de participer à un mouvement révolutionnaire ou, en tout cas, à en devenir un témoin journaliste et il m’est donc apparu évident de continuer mes travaux de traduction… ne serait-ce que pour les reverser à la communauté française Agile & Lean qui m’a (quasiment) fait vivre par procuration ses aventures.
Au cours de ces 2 années – le temps passe très vite – on m’a souvent (malheureusement) placé de facto au niveau des auteurs que je traduisais : les gens me laissaient des commentaires sur le blog ou par email pour dire qu’ils étaient d’accord ou non avec ce que J’avais écrit ; il y avait donc non seulement violation de droits d’auteur (même si j’ai toujours été remercié par les auteurs concernés)… mais aussi risque de plagiat et d’imposture… ou tout simplement risque de décevoir ! ça a été pour moi une période de doute assez difficile, dont je suis philosophiquement sorti en me disant que finalement l’important c’était de TOUT donner.
Il y a plusieurs moyens d’apprendre et ces traductions constituent pour moi une forme de veille « active », un moyen idéal de réseauter et d’aller plus loin… un moyen aussi de lutter contre la consanguinité au boulot. Je ne vous cache pas que cela représente un travail personnel de deux heures quotidiennes qui commence le matin et se termine la nuit… une double vie en fait… finalement récompensée par une reconnaissance de la part de pratiquants anonymes (ou pas) et de gourous célébrissimes (ou qui vont le devenir). Certains, même, n’ont pas hésité à me faire sortir des coulisses et monter sur la scène. Je les en remercie de tout cœur car j’ai maintenant le sentiment de faire partie de la « famille »… je suis juste rentré par la petite porte 😀
Récemment, l’auteur d’un billet(*) m’a qualifié de serial traducteur sur le blog de sa société. C’est exactement ça ! il m’arrive d’avoir des boulimies de traductions et j’en tire un immense plaisir ; je suis capable de publier une traduction par jour pendant tout le mois de juillet pendant que les filles sont à la plage… sans pour autant considérer cela comme un travail.
J’ai également reçu plusieurs propositions spontanées d’aide de la part de lecteurs assidus. La plupart du temps je n’ai pas donné suite et je leur présente mes excuses : j’avais entièrement concentré mes efforts sur le blog depuis deux ans, la tête dans le guidon et le nez qui frotte le pneu. 
J’ai tout récemment décidé de restructurer mes publications : 
  • j’ai créé ce nouveau blog pour tout ce qui concerne les billets d’humeur, les annonces d’évènement, les rétrospectives, … ;
  • j’ai ouvert un compte Twitter et découvert que la communauté était encore plus grande que ce que je croyais (expansionnisme de l’univers Agile & Lean) ; toujours pareil, on se demande comment on faisait avant ;
  • j’ai créé un nouveau wiki pour tout ce qui concerne mes traductions et éventuellement celles des autres, que je publierai ou référencerai avec un grand plaisir !
… et je viens de créer sous l’outil Trello le board des traductions à venir et en cours. Si vous souhaitez participer à ces traductions, je vous invite donc à vous authentifier et à m’en faire part pour que je vous ajoute en tant que membre. Le système de vote me semble très intéressant pour ordonner (on ne dit plus prioriser) le backlog des traductions à faire, sans parler du workflow collaboratif… pour le reste, c’est du dérivé d’huile de coude.
Voilà, c’est un essai… à bon entendeur, bonne nuit !

(*) Billet de François Marot, consultant JEE chez Xebia.